Texte : Alexandre Metzger - 31 décembre 2021

Dune (2021)

Désert affecté

L’aube des années 2020 semble annoncer la couleur, la décennie sera science-fictionnelle ou ne sera pas. Les grandes sagas de l’âge d’or de la littérature de science-fiction sont enfin adaptables en films ou en séries avec l’ambition et surtout la faisabilité technique en termes d’effets spéciaux visuels qu’ils nécessitent. Le futur que l’on nous annonce au cinéma depuis des années devient notre quotidien d’un point de vue technologique, écologique ou humain. Notre Terre et l’univers proche ne font plus vraiment rêver au fur et à mesure que la science prend le dessus sur la fiction. Hasard du calendrier, Frank Herbert (1920-1986) et Isaac Asimov (1920-1992), respectivement auteurs de Dune et Fondation, voient leurs œuvres majeures transposées à l’écran en cette année 2021. En nous transportant dans un futur vraiment lointain, ces histoires ont la capacité de nous détacher totalement de notre réalité actuelle et ainsi offrir un vrai voyage fictionnel tout en proposant des enjeux politiques, universels et émotionnels qui ont une résonance avec notre civilisation terrienne.
Dirigé par un réalisateur de l’ampleur de Denis Villeneuve aux commandes, un casting magnifique… difficile de penser que le film Dune ne puisse pas trouver son public. En cas d’échec, il n’aurait pas droit à une suite. Et pourtant, avec une sortie initialement prévue en décembre 2020 et une attente indéniable, le film est repoussé d’un an à cause de notre chère pandémie. Le roman d’Herbert n’est pas aussi connu que Le Seigneur des Anneaux de Tolkien et ne propose pas le même genre de spectacle fantaisy. Il s’adresse à un public qui aime être sollicité intellectuellement. Les spectateurs vont lui préférer Venom 2 ou Fast and Furious 9… le désert artistique en quelque sorte, et son succès sera tout relatif. En plébiscitant des franchises aussi décérébrées, la décennie à venir a donc finalement peu de chance d’être science-fictionnel. Mais pour les amateurs du genre, un sursaut est bel et bien là, à travers la renaissance du magazine culte Metal Hurlant par exemple, et la réussite indéniable de ces deux œuvres réputées impossibles à adapter pendant si longtemps.

Adapter l’impossible

Pour Dune, le projet de transposition ne date pourtant pas d’hier. S’il avait vu le jour au courant des années 1970, le Dune pharaonique envisagé par Alejandro Jodorowsky, malheureusement resté à l’état de scénario et de concepts visuels, aurait donné lieu à un objet forcément fascinant, à la démesure de l’auteur de L’Incal et des Méta-barons. Dino de Laurentiis envisage également Ridley Scott, fraîchement sorti d’Alien, pour s’attaquer à l’ambitieux roman de Frank Herbert, mais celui-ci décline devant l’énormité du projet et des conditions de tournage peu propices. La version de David Lynch devient donc en 1984 la première adaptation officielle, vingt ans après la sortie du premier volume du cycle de Frank Herbert. Son échec commercial foudroyant mettra un terme à l’ambitieuse saga qui était envisagée alors. Si le réalisateur le renie d’une certaine manière, le film compte un grand nombre de fans qui ont su y déceler une ambition certaine et le résultat est loin d’être honteux près de quarante ans plus tard. Depuis, Dune est passé par la case télévisuelle avec des résultats plus ou moins intéressants, mais c’est bel et bien cette nouvelle version qui va être déterminante pour les années à venir, à la fois pour la saga et peut-être pour le futur visage de la science-fiction adulte au cinéma dans son ensemble.

Un réalisateur

Parmi les grands réalisateurs actuels de la science-fiction au cinéma capables de relever le défi d’adapter Dune, seuls quelques noms viennent immédiatement à l’esprit. Christopher Nolan ? Il nous a offert des concepts hallucinants dont l’ambition et la complexité égalent la limpidité et les niveaux d’interprétation (Inception, Interstellar, Tenet…), mais sa mise en scène trop marquée et sa virtuosité technique auraient peut-être pris le dessus sur les enjeux multiples qu’impose le cycle de Dune. Steven Spielberg, James Cameron? Trop “universels” dans leurs intentions. Les sœurs Wachowski? Trop funs et épileptiques. J.J. Abrams ? Un beau prétendant mais trop connoté fan service désormais pour être crédible. Joseph Kosinski? Beaucoup d’atouts (Oblivion, Tron 2.0) mais un univers qui pourrait manquer de chaleur. Denis Villeneuve ? Assurément. Héritier de Ridley Scott pour son côté classique et classieux, l’homme à l’origine de l’audacieuse suite de Blade Runner et du brillant Premier Contact était bel et bien le candidat idéal. Un réalisateur digne de ce nom dont la mise en scène sait à la fois se faire discrète tout en apportant son lot de plans impressionnants, et dont l’ambition scénaristique et formelle force le respect. Un visionnaire capable de prendre à bras le corps un univers aussi gigantesque, une science-fiction proche du space-opera qui traite à la fois de lutte de pouvoir entre différentes maisons situées sur des planètes éloignées, d’un élu héritier d’un pouvoir qui le dépasse, d’alliance perfide entre un empereur et des êtres sanguinaires guidés par une avidité sans limite, de technologies capables de détruire une planète entière… Une histoire au manichéisme certain qui nécessite de nombreuses nuances de gris pour s’éloigner de plusieurs décennies de Star Wars. Denis Villeneuve porte le roman dans son cœur depuis son adolescence. Lorsque le projet est annoncé avec le casting d’acteurs talentueux que l’on sait (Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, les marveliens Jason Momoa, Josh Brolin et Oscar Isaac…) personne ne peut douter un seul instant que le film puisse être un ratage. Mais comme tous ces longs-métrages que l’on attend comme le messie, la première séance peut parfois s’apparenter à une véritable souffrance. Chaque scène qui succède à la précédente est scrutée dans ses moindres détails. Le cadrage, le jeu des comédiens, la puissance qui doit s’en dégager, la comparaison avec la version de David Lynch… Si Dune possède une grande communauté de fans, celle-ci a toujours été bien plus discrète que celle du Seigneur des Anneaux par exemple ou de Harry Potter. Une communauté plus souterraine, comme des adeptes d’une religion qui devrait rester confidentielle, loin du marketing et des produits dérivés. A sa deuxième vision, le film confirme l’espoir et la confiance accordés au réalisateur canadien: Dune est bien un nouveau monument de la SF, aussi impressionnant visuellement que brillamment écrit, avec son lot de scènes au gigantisme épuré alternant avec d’autres, plus intimistes et incarnées. L’impression de froideur qui pouvait émaner au départ s’estompe grâce à la délicatesse de ces personnages aussi fragiles qu’ils sont puissants. Le destin qu’ils incarnent les placent bien au-delà du statut de simples humains et c’est au plus profond d’eux-mêmes et du désert de la planète Arrakis qu’ils trouveront assurément les réponses à leurs doutes.

Langages

Denis Villeneuve faisait déjà preuve d’un attrait évident pour le langage, la communication entre les individus (et les difficultés que cela peut entraîner) dans Premier Contact et Blade Runner 2049. Des thématiques qui lui sont chères et qui prennent de multiples formes dans son Dune. Celle de la parole d’abord, l’oralité familière pour tous les peuples qui ont su trouver une langue qui leur est propre. La voix devient même une arme redoutable lorsqu’elle est utilisée de manière particulière et permet à celui qui la maîtrise de manipuler son auditeur comme une marionnette. Une capacité héritée de l’ordre du Bene Gesserit, une communauté influente et mystique composée uniquement de femmes dont fait partie Dame Jessica, la mère de Paul, qu’elle a secrètement enseignée à son fils. La langue des signes permet également, à travers des gestes précis, de dialoguer de manière discrète et muette. Chaque mot, chaque signe a son importance, et l’on sent une volonté dans l’écriture de dialogues taillés pour apporter à chaque fois une information pertinente, limpide. Chaque son, chaque regard apporte une information, un sens immédiat ou caché.
Les images aussi en disent bien plus qu’une simple illustration et parlent à notre esprit de manière inconsciente et évidente, nous parlant d’architecture, de coutumes, de costumes, de biologie, qui valent bien plus que certains mots. La technologie enfin, à la fois rudimentaire et sophistiquée, s’exprime à travers un appareil didactique que Paul utilise pour emmagasiner des connaissances sur les us et coutumes de cette planète aride qu’il va bientôt fouler du pied. Comment comprendre l’autre si on ne parle pas la même langue, ou qu’on ne cherche pas à le connaître ? Paul semble ressentir les choses sans qu’on ne les lui enseigne et une attraction évidente pour ce peuple intriguant que sont les Fremen. Des hommes et des femmes lui apparaissent en rêve, visions d’avenir aussi réelles que des souvenirs, qui ne sont pas sans rappeler les visions de Louise dans Premier Contact, autre adaptation d’un roman. Dune semble bel et bien inscrit dans la tête de Denis Villeneuve depuis longtemps, tant ses films ont déjà distillé ça et là des thématiques qu’il a développées au fil de ses lectures et qu’il a faites siennes.

Arrakis Wars

Dune regorge de personnages et de termes portant des noms aux sonorités exotiques qui ne sont pas sans rappeler le latin ou les langues du Maghreb, mais également… Star Wars. Lorsque sort l’épisode IV en 1977, les emprunts à l’œuvre de Herbert sont évidents. Le fils d’Herbert à l’époque alerte d’ailleurs son père du pillage que s’est permis Lucas pour son propre univers. La planète-désert Tatooine, son jeune héros qui va connaître un destin hors du commun, les enjeux de conquête de l’univers par un empereur machiavélique… à de nombreux points de vue, Star Wars est un melting-pot de plusieurs décennies de science-fiction, de Metropolis à Flash Gordon, en passant par 2001, l’Odyssée de l’espace et bien sûr Dune. Et ce n’est sûrement pas George Lucas qui dira le contraire. Cela n’enlève rien au fait que la saga qu’il a créée est une recette absolument savoureuse (et son succès n’était pas gagné d’avance rappelons-le) qui nous accompagne depuis plus de quarante ans et a imposé ses codes visuels de manière prégnante. L’influence japonaise, à travers les costumes, les sabres et l’art du combat, a clairement enrichi visuellement et thématiquement ses films. Une des gageures pour Villeneuve était de parvenir à se détacher de tout ce que la SF avait mis en place depuis des années au cinéma afin d’en apporter sa propre singularité, toute sa sensibilité et de parvenir à transcrire une série écrite dans les années 1960 qui aurait pu paraître désuète. Ce serait oublier que Dune est imprégné de philosophie, de mythologie, de religion, d’écologie, de féminisme… autant de thématiques puissantes et modernes qui ont marqué plusieurs générations de lecteurs, et dont la résonance avec notre monde n’a jamais été aussi évidente qu’elle ne peut que continuer de parler à une nouvelle génération, de spectateurs cette fois. L’épice, substance quasi invisible dont regorgent les sous-sols de la planète Arrakis et donc un enjeu majeur de l’univers de Dune, incarne à elle seule tout ce que les différentes Maisons convoitent : à la fois carburant, source d’énergie, drogue, l’infiniment petit procure à qui la possède une puissance immense, autant financière que guerrière et politique.

Opéra space

Bien que majestueux, opératique, le Dune de Villeneuve n’a rien d’un spectacle hystérique qui démultiplie l’action et les prouesses techniques. Le réalisateur veut avant tout faire honneur à une œuvre majeure sans la dénaturer, tout en apportant sa vision personnelle, celle qu’il a en lui depuis qu’il est adolescent et qu’il peut enfin traduire en images. Ces images qu’il a rêvées en tant que lecteur, influencées par la suite par des artistes visionnaires sur des couvertures de romans (Siudmack en tête?), dans les bandes-dessinées de Metal Hurlant et le cinéma. Son film devient la somme de toutes les sciences-fictions modernes, celle des années 1960 qui l’ont vu naître, mais aussi celles de Kubrick, de Mœbius, de Ridley Scott. Cette œuvre jugée inadaptable l’est désormais, techniquement parlant. Libéré de ce poids, grâce à des effets spéciaux de 2020 devenus parfaits, Villeneuve peut donner à son film une part d’abstraction, d’humilité, de la poésie sans en oublier l’ambition nécessaire pour oser adapter un texte riche en notions complexes qui s’adresse à des spectateurs de tous âges et de tous horizons, alors que jusqu’alors seuls de farouches lecteurs auront pris le temps de le savourer pleinement. Parvenir à rendre limpide cet univers peu connu finalement mais pourtant déjà présent dans beaucoup d’œuvres célèbres. Visuellement, Dune semble vouloir évoquer tout ce que l’humain terrestre a pu faire de plus beau. On voit dans les décors, les costumes et les architectures, l’art du Maghreb, d’Asie et d’Europe. Pour s’éloigner d’une science-fiction trop ludique, Dune le film se veut pragmatique et les enjeux de ses héros deviennent des questions de ressources, de comptabilité, de logistique, de matériel disponible. Le design des vaisseaux, pour certains extrêmement ingénieux, n’est pas là pour vendre des jouets mais pour servir le film et atteindre une harmonie certaine. Arrakis/Dune est une planète dont la ressource, l’Epice, fait tourner l’univers et les têtes. Celle du baron Harkonnen par dessus tout (Stellan Skarsgård tout simplement monstrueux), chef de la Maison éponyme, un être impressionnant et brutal qui fomente l’assassinat du duc Leto, père de Paul, pour reprendre la gestion d’Arrakis. Il est aidé par l’Empereur Shaddam IV lui-même, un personnage invisible dans cette première partie de Dune, qui envoie ses impitoyables guerriers Sardaukars exterminer Fremen et Atréides dans des combats sans merci.

Quête d’humanité

Alors que les Fremen ont subi des années de domination Harkonnen, ces derniers ont extrait l’Epice de leurs sols tels des vampires vidant un corps de son sang et ont accumulé une richesse infinie. Lorsque les Harkonnen doivent soudainement quitter la planète Arrakis sur ordre de l’Empereur, c’est avec une méfiance certaine qu’ils vont accueillir les nouveaux “envahisseurs”. Les Atréides se voient offrir la gestion de l’Epice pour les années à venir. Du point de vue des Fremen, il n’y a aucune raison pour que ces nouveaux venus soient mieux intentionnés. Pourtant, les Atréides viennent clairement avec une volonté louable, celle de connaître et comprendre ce peuple indigène légendaire et d’agir avec eux dans un respect absolu. Ils envoient pour cela en amont Duncan Idaho, professeur et mentor de Paul, afin de créer le contact et de tenter de rassurer ces êtres à la fois guerriers et nomades, guidés par une croyance lointaine en un Elu qui viendrait rétablir l’ordre sur leur planète.
Derrière cette transmission de pouvoir se cache une machination, celle de l’empereur et du baron harkonnen pour asseoir leur pouvoir définitivement. La plus grande quête de Paul, désigné malgré lui comme le Lisan al Gaib (la voix venue d’ailleurs), sera de prouver son humanité la plus pure au peuple Fremen, tout en devant accepter leurs règles violentes où la confiance se mérite au prix du sang. Alors qu’il n’est encore qu’un homme-enfant, une frêle silhouette face aux lieutenants robustes de son père, à la fois candide, émerveillé par des choses parfois insignifiantes, il va devoir grandir plus vite que prévu, confronté au deuil et au pouvoir bien prématurément. C’est sûrement cette sensibilité à fleur de peau qui lui confère cette compassion et surtout une compréhension quasi instinctive de ce peuple. Il parvient par exemple à revêtir de manière parfaite le distille, la tenue de survie des Fremen qui leur permet de s’hydrater grâce à un système ingénieux de recyclage,
Les Fremen sont un peuple qui s’est établi sur Arrakis, planète inhospitalière et dangereuse où les tempêtes et les vers géants (Shai-Hulud) règnent en maîtres dans cet océan de sable, et qui sont devenus une part d’elle-même, évoluant au gré des vents, traversant les étendues en surface ou souterraines. Ayant réussi à y vivre et même à dompter son climat et sa nature hostile (un projet écologique de récupération d’eau et de plantation a été initié), ils n’ont eu de cesse de subir l’autorité et l’occupation des puissances étrangères, attirées par ce trésor des sables qu’est l’Epice. Ce schéma évoque autant le colonialisme cher à notre civilisation terrienne que les invasions barbares, les conquistadors et leur soif de l’or des Incas, l’appropriation des terres indiennes par les américains auto-proclamés ou l’exploitation à outrance des sols gorgés de pétrole… ce postulat est au cœur d’Avatar de James Cameron également, dont l’approche western science-fictionnel s’inscrit complètement dans la tradition de Dune, dans un style certes plus démonstratif. La nature luxuriante d’Avatar se voit détruite par le feu et les armes, tandis qu’Arrakis est vidée de son épice, creusée de toutes parts par des foreuses infernales. Au-delà d’un peuple, c’est une terre qui est attaquée.

Ce n’est que le commencement

A l’instar de nombreuses sagas qui nécessitent plusieurs films pour raconter une longue histoire, Dune nous laisse sur notre faim, mais laisse augurer un joli futur au cinéma : la mise en chantier de la suite a bel et bien été confirmée, et en décembre 2021, Villeneuve a même annoncé vouloir adapter un autre monument de la SF, Rendez-vous avec Rama d’Arthur C. Clarke (2001: l’Odyssée de l’Espace). Si le réalisateur canadien continue son parcours dans ce genre si délicat, alors la promesse de quelques décennies de grande science-fiction, à défaut d’un siècle entier, peut être envisagée. Villeneuve, qui vénère autant Steven Spielberg que David Cronenberg, Ridley Scott ou David Lynch (son Dune fait partie de ses 10 films fétiches) pourrait être le réalisateur qui marquera par cette capacité à combiner le spectaculaire et la réflexion. Son nom n’est pas encore sur toutes les lèvres, mais ses films, assurément, sont déjà dans de nombreuses têtes. Il n’est pas le golden boy qui transforme en or tout ce qu’il touche, et c’est peut-être mieux ainsi, car il sait qu’un succès ne se commande pas et que la qualité d’un film passe avant son potentiel résultat au box-office. Blade Runner premier du nom avait été un échec public, et le temps l’a transformé en une œuvre culte. Blade Runner 2049 est loin d’avoir été un carton. Ridley Scott avait trop tôt quitté la SF pour y revenir 30 ans plus tard avec Prometheus. Il serait dommage que Villeneuve, si bien parti, s’en détache par manque de réceptivité de la part des spectateurs. Le Messie est là, chers frères, et ce n’est pas un mirage, alors accordons-lui le culte qu’il mérite, et pourquoi pas un succès planétaire. En attendant, souhaitons-lui une longue traversée du désert d’Arrakis pour encore au moins un film ou deux, avant de retrouver notre système solaire avec Rama. Les années à venir vont être terriblement chaudes au cinéma…